Rencontre avec In'fluence Magazine

Rencontre avec In'fluence Magazine

Publié le : 08/11/2017 Catégories : Interview

Aujourd’hui, nous avons reçu Pauline Michel, créatrice et rédactrice en chef d’In’fluence Magazine qui nous partage toute l’aventure d’In’fluence, de sa création à son lancement papier !

Raconte-nous tout ! Pourquoi In’fluence Magazine ?

Ayant moi-même une formation de journaliste, j’ai fait le constat que tout d’abord, beaucoup de jeunes, dont moi, ne lisent plus beaucoup la presse magazine et que, personnellement, j’étais beaucoup plus lectrice de blogueuses que de magazines, et je pense que c’est le cas de beaucoup de jeunes de ma génération ! J’ai donc voulu lier le positif de l’un et de l’autre en créant un format qui ressemble beaucoup plus à ce que les lectrices consomment aujourd’hui, avec une relation personnalisée, un visuel attractif, tout en étant multimédia, avec des liens de partage. L’objectif du magazine est de créer un contenu qui ressemble plus aux lecteurs, en essayant de rencontrer les besoins et les envies de notre public avec comme slogan « un magazine qui vous ressemble ».

Comment s’est faite la mise en place du projet ?

Après avoir eu l’idée en Mai 2016, j’en ai parlé à une amie graphiste, Sarah, qui a tout de suite adhéré au concept et qui s’occupe aujourd’hui de l’intégralité du magazine. Ensuite, j’ai contacté Claire de Milkywaysblueyes en lui expliquant le projet auquel elle a directement adhéré. De là, j’ai contacté d’autres blogueuses et j’ai directement reçu des réponses très positives. Ensuite les choses ont été très vite, et en Septembre avait lieu la première réunion d’In’fluence Magazine. Le premier numéro numérique est sorti début Janvier 2017 et, depuis, nous avons sorti trois autres numéros numériques.

Pourquoi avoir créé votre magazine en collaboration avec les blogueuses, comment avez-vous choisi les blogueuses avec lesquelles vous alliez travailler ?

En partant de mes constats personnels, j’ai remarqué que quand j’achète un magazine, je regarde beaucoup les images mais je n’ai pas l’impression de vraiment le lire. On a essayé que le lecteur se retrouve dans notre magazine, et j’ai donc voulu travailler avec des blogueuses qui ont l’habitude d’écrire comme elles parlent, avec un ton beaucoup plus personnalisé et plus direct et qui ont vraiment une créativité et un professionnalisme très développés.

Le choix des blogueuses c’est vraiment fait par affinité avec le projet, c’est pour cela que certaines ont décidé de quitter le projet voyant qu’il ne leur convenait pas totalement. Au final, on est une équipe qui marche très bien. Je crois que notre richesse, c’est qu’on est des filles très différentes mais qui s’accordent très bien et réfléchissent très bien ensemble. Il y a un grand respect dans l’équipe et surtout aucune concurrence. Il y a également l’éthique qui a joué dans le choix des blogueuses, on a essayé de se tourner vers des blogueuses avec une certaine éthique, d’ailleurs, c’est le thème de notre premier numéro en version papier!

En ce qui concerne les journalistes, pensez-vous en intégrer plus ?

Notre objectif de base, c’est de lier blogueurs et journalistes. Dans notre magazine, il y a des rédactrices mais elles ne sont pas mis en avant de la même façon que les blogueuses car ce sont elles qui ont la relation personnalisée. Mais certains articles, comme l’article Spotted qui décrypte un hashtag, sont écrits par des jeunes journalistes. L’objectif est de créer un ton unique qui sera entre la blogueuse et le journaliste, car je pense que toutes les blogueuses sont un peu journalistes, et donc on veut vraiment garder le bon côté des deux ; le côté créatif des blogueuses, la façon qu’elles ont d’être en avance, et la rigueur et le travail des journalistes. 

Comment travaillez-vous, comment choisissez-vous les thèmes des interview etc ? 

Jusqu’ici, on a travaillé d’une manière très différente à ce qui va arriver maintenant avec la version papier. Jusqu’à maintenant, on était un magazine bimestriel donc on se voyait tous les deux mois et on décidait ensemble du thème, de qui s’occupait de quoi, etc. Maintenant que nous allons passer en version papier et donc mensuelle, on va être beaucoup plus organisées et voir à plus long terme. Par contre, au niveau des thèmes, on ne va pas changer notre mode de fonctionnement, on va continuer à décider ensemble, c’est juste le rythme qui sera différent.

Quand on entend In’fluence magazine, on peut avoir une image d’influenceuse qui ne s’intéresse qu’à la mode, etc. Mais vous mettez en avant de vrais problèmes de société comme l’acceptation de soi, l’éthique, etc. Pensez-vous que ce sont des sujets qui ne sont pas assez évoqués ?

On essaye d’aller plus loin là-dedans. Je pense qu’il y a un manque pour certains sujets. Par exemple, l’éthique, notre prochain sujet, n’est pas un thème qu’on développe énormément, parce qu’on est plus dans le fast fashion. Au départ, on était plus dans le divertissement. Désormais, plus on avance, et plus on se rend compte que, grâce au lien qu’on a avec notre public, on peut dénoncer aussi certaines choses. Un autre exemple de thème est notre article sur la pression des réseaux sociaux, on voulait montrer à notre public que la vie de blogueuse, ce n’est pas que voyages et vie parfaite mais qu’il y a une grande pression derrière. Il y a plein d’autres sujets qu’on aimerait aborder, comme le harcèlement en rue. Une autre de nos richesses est que nous sommes notre propre public, la personne à laquelle on s’adresse, et donc on sait ce que recherche cette personne car on peut facilement se mettre à la place de notre public.

Pensez-vous que la version papier va recevoir un bon accueil ? Vous aviez fait un sondage concernant ce projet, quels ont été les retours ?

Depuis le lancement du premier numéro en ligne, il y a eu une vraie demande d’une version papier. Et dans le sondage, 86% des gens demandaient une version papier en plus de la version numérique, c’est ce qui nous a poussé à lancer le magazine en version papier. Nous avons également eu une vraie réponse pour le crowdfunding, il y a un réel intérêt des gens. Mais même si on était en moyenne à 3000 téléchargements uniques, on préfère avoir 200 personnes qui payeront pour le prochain numéro plutôt que 3000 téléchargements. On préfère avoir peu de gens, mais que ce soit des gens qu’on gardera jusqu’au bout et un public qu’on pourra faire grandir. Il y a aussi le fait que, jusqu’à présent, on fonctionnait sans moyens financiers, donc si on met un peu d’investissement au niveau de la publicité, je pense que c’est possible. Par contre, on ne veut pas tomber dans un couloir de publicités, comme c’est le cas pour certains magazines, on essaye vraiment d’aller vers des publicités plus personnalisées, presque des campagnes personnalisées comme le font les blogueuses au final.

Où seront-ils mis en vente ?

Pour moi, c’est un peu le saut dans l’inconnu, on va d’abord vendre et distribuer le magazine à notre soirée de lancement. Ensuite, il y aura différents moyens de l’acheter, il y aura la possibilité de commander sur le site internet et de s’abonner par le site internet. On aimerait également déposer le magazine dans des lieux d’intérêt proches de notre public, comme ça on ne néglige pas l’aspect physique qui est aussi important. Par contre, on ne veut pas le distribuer en librairie pour l’instant, car ça va à l’inverse de notre réflexion.

Quels sont vos projets et quel avenir voyez-vous pour In’fluence ?

Tout se chamboule, on va d’abord faire le lancement de la version papier, mais ensuite, on veut vraiment développer le site internet, que ce ne soit plus juste un support de téléchargement, mais un moyen d’être présent au quotidien.

L’entreprise va être créée, ce qui n’était pas le cas auparavant, c’est surtout une grande étape personnelle. D’ici 2018, on aimerait s’étendre à la France car on a vraiment une forte demande de notre public français de voir des blogueuses françaises. Et un jour, j’aimerais avoir une version néerlandaise, mais là, il faut que je trouve mon double néerlandophone !

Nous remercions Pauline de nous avoir accordé du temps pour répondre à nos questions, et nous lui souhaitons une très bonne continuation !

La team Les Comptoirs d'Orta ♥